
Fixer une étagère, accrocher un miroir, installer une tringle ou simplement poser un cadre : tôt ou tard, il faut sortir la perceuse.
Sur le papier, percer un mur paraît très simple.
On fait une marque, on pose la perceuse et on appuie.
Dans la réalité, quelques questions arrivent rapidement : quel foret utiliser ? Quelle cheville choisir ? Est-ce du placo, du béton ou de la brique ? Pourquoi le foret n’avance-t-il pas ? Et surtout… est-ce qu’un câble électrique ou une canalisation se cache derrière ?
Un trou mal placé peut être rebouché. Une canalisation percée, beaucoup moins facilement.
La réussite dépend donc surtout de ce que vous faites avant même d’allumer la perceuse.
Dans ce guide BigAstuces, nous allons voir étape par étape comment percer un mur proprement et en sécurité, même lorsqu’on débute en bricolage.
Avant de percer un mur : commencez par identifier le support
Tous les murs ne sont pas constitués du même matériau.
Et c’est probablement la première chose à comprendre.
Vous pouvez notamment rencontrer :
- des plaques de plâtre ;
- de la brique ;
- du béton ;
- du béton cellulaire ;
- de la pierre ;
- différents types de parpaings.
Le foret, la cheville et parfois même la perceuse nécessaires dépendent du support.
Une fixation parfaitement adaptée à un mur peut être totalement inappropriée dans un autre.
Comment savoir de quoi est fait son mur ?
Si vous connaissez la construction de votre logement, c’est évidemment plus simple.
Sinon, plusieurs indices peuvent vous orienter.
Un mur qui sonne creux lorsque vous le tapotez peut par exemple indiquer une cloison creuse, mais ce test seul ne permet pas d’identifier avec certitude sa composition.
L’épaisseur du mur, son emplacement et les informations disponibles sur le logement peuvent également aider.
En cas de doute, mieux vaut identifier correctement le support avant de choisir la fixation plutôt que d’acheter une cheville au hasard.
1. Vérifiez ce qui peut se cacher derrière le mur
C’est l’étape à ne surtout pas négliger.
Avant de percer un mur, il faut prendre en compte la présence éventuelle :
- de câbles électriques ;
- de conduites d’eau ;
- de tuyaux de chauffage ;
- d’autres réseaux encastrés.
Soyez particulièrement prudent à proximité des prises, interrupteurs, points d’eau, radiateurs et équipements raccordés.
Un détecteur adapté peut aider à repérer certains éléments cachés, mais aucun outil ne doit être considéré comme infaillible : ses performances dépendent notamment du modèle, du matériau du mur, de la profondeur et des conditions d’utilisation.
Lisez donc attentivement sa notice.
Une règle simple
Si vous avez un doute sérieux sur ce qui se trouve derrière l’emplacement choisi, ne percez pas au hasard.
Déplacez la fixation lorsque cela est possible ou demandez l’avis d’une personne compétente.
2. Choisissez la fixation en fonction de ce que vous allez accrocher
Avant de choisir votre foret, demandez-vous ce que le trou devra supporter.
Un petit cadre et un meuble suspendu n’exercent évidemment pas les mêmes contraintes.
Prenez en compte :
- le poids de l’objet ;
- le nombre de points de fixation ;
- le matériau du mur ;
- le type de charge ;
- les recommandations du fabricant de la fixation.
La charge annoncée pour une cheville n’a de sens que si celle-ci est utilisée dans le support pour lequel elle est conçue et dans les conditions prévues par son fabricant.
Pour une charge importante ou un équipement dont la chute pourrait provoquer un accident, ne faites pas d’approximation.
3. Choisissez la bonne cheville
Il n’existe pas une cheville universelle capable de fonctionner correctement partout.
Selon le support, vous pourrez rencontrer différentes familles de fixations destinées notamment :
- aux matériaux pleins ;
- aux matériaux creux ;
- aux plaques de plâtre ;
- à certains matériaux spécifiques.
La bonne méthode consiste à partir du mur et de la charge, puis à choisir la fixation correspondante.
Sur l’emballage, vérifiez notamment :
le matériau compatible + le diamètre de perçage + les caractéristiques de charge et d’installation.
L’erreur classique
Choisir la cheville uniquement parce qu’elle « a l’air assez grosse ».
Une grosse cheville inadaptée au support peut être moins fiable qu’une fixation correctement dimensionnée et conçue pour ce mur.
4. Choisissez le foret adapté au matériau
Vous avez maintenant votre fixation.
Il faut choisir le foret.
Il existe différents types de forets ou mèches selon les matériaux : bois, métal, maçonnerie et autres applications spécifiques.
Pour percer un mur, utilisez un foret adapté au support et aux indications de la fixation choisie.
Vérifiez également son diamètre.
Si la cheville demande par exemple un trou d’un diamètre précis, utilisez le diamètre recommandé par le fabricant.
Un trou trop large peut empêcher la fixation de tenir correctement.
Un trou trop petit peut rendre l’installation difficile ou endommager la cheville.
Lire notre article pour choisir vos outils de bricolage indispensables.
5. Vérifiez que votre perceuse est adaptée
Toutes les perceuses ne possèdent pas les mêmes capacités.
Une perceuse-visseuse classique peut convenir à certains travaux, tandis que des matériaux très durs peuvent demander une machine et un mode de fonctionnement différents.
Vous rencontrerez notamment :
- perceuse-visseuse ;
- perceuse à percussion ;
- perforateur.
Le choix dépend du matériau et du diamètre à réaliser.
Ne forcez pas pendant plusieurs minutes avec un outil manifestement incapable de travailler correctement dans le support.
Vous risquez d’endommager le foret, l’outil ou le mur.
Lire notre article pour choisir vos outils de bricolage indispensables.
6. Mesurez deux fois avant de faire le trou
Voici une règle que nous avons déjà évoquée dans notre article sur les outils de bricolage :
mesurez deux fois, percez une fois.
Imaginez que vous installiez une étagère.
Avant de percer :
- déterminez son emplacement ;
- mesurez précisément ;
- marquez les points de fixation ;
- vérifiez l’écartement ;
- contrôlez le niveau ;
- vérifiez une dernière fois.
Ces quelques minutes peuvent vous éviter de terminer avec une étagère légèrement inclinée et deux trous inutiles à reboucher.
7. Utilisez un niveau
« Ça a l’air droit » est une unité de mesure assez peu fiable.
Pour une étagère, une tringle, plusieurs cadres ou tout équipement nécessitant un alignement, utilisez un niveau.
Placez l’élément ou reportez les repères selon la méthode adaptée, puis contrôlez l’horizontalité ou la verticalité.
Si vous devez réaliser plusieurs trous, vérifiez également leur position les uns par rapport aux autres.
L’astuce BigAstuces
Ne tracez pas forcément de grandes lignes au crayon sur votre mur.
Quelques repères précis suffisent généralement et seront plus faciles à effacer ou à masquer.
8. Marquez précisément l’emplacement
Une fois toutes les vérifications effectuées, marquez le centre du futur trou.
Votre repère doit être suffisamment visible pour positionner correctement le foret.
Avant de commencer, effectuez un dernier contrôle :
bon emplacement ?
bon niveau ?
bon diamètre ?
bon foret ?
bonne cheville ?
absence de risque identifié derrière le mur ?
Si tout est bon, vous pouvez passer au perçage.
9. Protégez-vous et préparez la zone
Percer produit de la poussière et peut projeter de petits fragments.
Selon le travail, utilisez les équipements de protection adaptés, notamment une protection des yeux.
Attachez les vêtements ou éléments susceptibles de gêner et travaillez dans une position stable.
Éloignez les personnes qui n’ont rien à faire dans la zone de travail, particulièrement les enfants.
Pensez également à protéger les meubles ou objets situés juste en dessous.
Quelques minutes de préparation peuvent éviter une longue séance de nettoyage.
10. Positionnez correctement la perceuse
Placez le foret sur votre repère.
Essayez de maintenir la perceuse dans l’axe nécessaire à la fixation, généralement perpendiculairement au mur pour une fixation classique.
Commencez de manière contrôlée afin que le foret ne glisse pas autour du repère.
Une fois correctement engagé, poursuivez le perçage selon les recommandations adaptées au matériau et à votre machine.
Évitez de mettre tout votre poids sur la perceuse.
L’outil et le foret doivent effectuer le travail.
11. Utilisez la percussion uniquement lorsqu’elle est adaptée
Le symbole du marteau sur votre perceuse n’est pas un bouton « plus puissant ».
Le mode percussion est destiné à certains matériaux et certaines situations.
Il n’est donc pas nécessairement adapté à tous les murs.
Selon le support, il peut être inutile ou déconseillé.
Consultez les recommandations de votre outil et utilisez le mode correspondant au matériau.
Cette règle vaut d’ailleurs pour l’ensemble du bricolage :
plus de puissance n’est pas toujours synonyme de meilleur résultat.
12. Contrôlez la profondeur du trou
Inutile de percer beaucoup plus profondément que nécessaire.
La profondeur doit être adaptée à la fixation utilisée.
Certaines perceuses disposent d’une butée de profondeur.
Sinon, selon le travail, un repère visuel sur le foret peut aider, mais il ne remplace pas les instructions du fabricant ni une véritable butée lorsque la précision est importante.
Avant le perçage, vérifiez donc :
- la longueur de la cheville ;
- la profondeur recommandée ;
- la fixation complète qui sera utilisée.
Plus vous percez profondément sans nécessité, plus vous augmentez inutilement la zone traversée.
13. Retirez correctement la poussière du trou
Une fois le trou réalisé, il peut contenir de la poussière et des résidus.
Selon le système de fixation utilisé, le nettoyage du trou peut être important pour obtenir les performances prévues.
Suivez les instructions du fabricant de la fixation.
Évitez notamment de souffler directement avec la bouche dans un trou rempli de poussière : vous risquez surtout de recevoir cette poussière dans le visage.
14. Insérez la cheville sans la massacrer
Une cheville adaptée doit pouvoir être installée selon la méthode prévue par son fabricant.
Positionnez-la correctement.
Selon son type, elle peut être insérée directement, légèrement accompagnée avec un marteau ou nécessiter une méthode spécifique.
Si vous devez frapper très fort pour la faire entrer, arrêtez-vous et vérifiez :
- le diamètre du trou ;
- sa profondeur ;
- le type de cheville ;
- la présence éventuelle de débris.
Forcer jusqu’à déformer complètement la fixation n’améliorera pas sa résistance.
15. Fixez l’objet sans serrer excessivement
Une fois la fixation en place, installez l’objet.
Serrez suffisamment pour obtenir une fixation stable, mais sans aller systématiquement jusqu’au maximum de votre force.
Un serrage excessif peut :
- détériorer la fixation ;
- abîmer le support ;
- déformer l’objet ;
- endommager la tête de vis.
Si plusieurs fixations sont présentes, serrez-les progressivement plutôt que de bloquer immédiatement la première au maximum.
Vérifiez ensuite que l’ensemble est correctement positionné et stable.
Les 7 erreurs les plus fréquentes lorsqu’on veut percer un mur
Maintenant que nous avons vu la bonne méthode, voici les erreurs que l’on retrouve souvent.
Erreur n°1 : acheter les chevilles avant d’identifier le mur
Commencez toujours par le support et la charge.
Pas par la cheville qui traîne dans votre caisse à outils.
Erreur n°2 : utiliser n’importe quel foret
Un foret doit correspondre au matériau travaillé.
Erreur n°3 : oublier les câbles et canalisations
C’est potentiellement l’erreur la plus grave.
Un trou raté se rebouche.
Un réseau endommagé peut avoir des conséquences autrement plus importantes.
Erreur n°4 : percer immédiatement après avoir fait une seule mesure
Prenez trente secondes supplémentaires pour contrôler.
Erreur n°5 : utiliser systématiquement la percussion
Adaptez le réglage au matériau.
Erreur n°6 : forcer lorsque le foret n’avance pas
Si vous n’avancez quasiment plus, arrêtez.
Vérifiez le matériau, le foret, l’état de celui-ci et les capacités de la machine.
Erreur n°7 : sous-estimer le poids de l’objet
Une fixation qui semble correcte au moment de l’installation peut devenir dangereuse si elle n’est pas dimensionnée pour la charge.
Percer du placo : pourquoi faut-il être particulièrement attentif ?
Les plaques de plâtre sont très courantes dans les logements.
Mais elles ne se comportent pas comme un mur plein.
Le choix de la fixation est donc essentiel.
Selon le poids de l’objet, la structure du mur et l’emplacement disponible, différentes solutions peuvent être envisagées.
Pour les charges importantes, la question ne se limite plus simplement à « quelle cheville utiliser ? ».
Il peut être nécessaire de prendre en compte la structure située derrière la plaque ou d’utiliser une méthode de fixation spécifiquement prévue pour l’installation.
Ne vous fiez donc pas à une valeur générique trouvée sur Internet.
Consultez les capacités du système de fixation utilisé et les recommandations adaptées à votre support.
Comment percer un mur sans faire trop de poussière ?
Il existe une astuce très simple pour les petits travaux.
Placez un système de récupération juste sous le trou pendant le perçage : un accessoire dédié ou une aspiration adaptée peut limiter fortement la poussière qui tombe au sol.
Certaines personnes utilisent également des solutions improvisées, mais veillez toujours à ce qu’elles ne gênent pas la perceuse et ne créent pas de risque.
Pour des travaux plus importants, des systèmes d’aspiration adaptés aux outils sont beaucoup plus efficaces.
Et pensez toujours à protéger vos yeux et à gérer la poussière selon le matériau travaillé.
Que faire si le trou est trop grand ?
Cela arrive.
La perceuse a bougé.
Le matériau s’est légèrement arraché.
Ou le mauvais diamètre a été utilisé.
La première chose à éviter est d’essayer de sauver la situation en ajoutant n’importe quoi autour de la cheville.
Pour une fixation légère, il existe différentes solutions de réparation selon le support.
Pour une charge importante, la meilleure option peut être de reboucher correctement et de déplacer la fixation ou d’utiliser une solution spécifiquement conçue pour le problème rencontré.
Une fixation importante ne doit jamais reposer sur un bricolage improvisé dont vous ignorez la résistance.
Peut-on percer n’importe quel mur soi-même ?
Non.
Et savoir répondre « je ne touche pas à ça » fait partie du bricolage.
Soyez particulièrement prudent lorsque :
- vous ne connaissez pas la composition du mur ;
- vous suspectez la présence d’un réseau ;
- la fixation doit supporter une charge très importante ;
- vous intervenez sur un élément structurel ;
- le matériau nécessite un équipement que vous ne maîtrisez pas ;
- l’emplacement présente un risque particulier.
Dans ces situations, demander conseil ou faire intervenir un professionnel peut vous éviter une erreur coûteuse.
Le défi BigAstuces : réussissez votre prochain trou du premier coup
Lors de votre prochaine fixation murale, interdiction de sortir immédiatement la perceuse.
Commencez par cette petite checklist :
1. J’identifie mon mur.
2. Je connais le poids et les contraintes de l’objet.
3. Je choisis une fixation adaptée.
4. Je sélectionne le bon foret.
5. Je vérifie l’absence de risque derrière la zone.
6. Je mesure et je contrôle le niveau.
7. Seulement maintenant, je perce.
Cela paraît plus long.
En réalité, ces vérifications prennent quelques minutes.
Et elles prennent nettement moins de temps que de reboucher trois trous parce que l’étagère n’était pas droite.
En résumé : comment percer un mur correctement ?
Pour percer un mur sans mauvaise surprise :
- identifiez le matériau ;
- vérifiez ce qui peut se trouver derrière ;
- choisissez la fixation selon le support et la charge ;
- utilisez le foret adapté ;
- vérifiez les capacités de votre perceuse ;
- mesurez précisément ;
- utilisez un niveau ;
- marquez les trous ;
- protégez-vous ;
- percez de manière contrôlée ;
- respectez la profondeur nécessaire ;
- installez correctement la cheville ;
- fixez l’objet sans serrage excessif.
Le geste de perçage ne représente finalement qu’une petite partie du travail.
La plupart des erreurs peuvent être évitées avant même d’appuyer sur la gâchette.
Alors, pour votre prochain trou, retenez simplement cette règle BigAstuces :
identifier, vérifier, mesurer… puis percer.


